Orléans : Le bazar Saint Joseph, une affaire de famille

Article mis en ligne par · 30 mai 2018 ·

Installé à Orléans, le Bazar Saint Joseph a toujours su suivre les tendances et s’adapter à la demande des clients. Ce spécialiste de la distribution des arts de la table et de la cuisine, fêtera en 2018 ses 130 ans.

T&C563L’enseigne créée en 1888 par l’arrière-grand-père de Guy Bourgeois est toujours à l’emplacement d’origine, face aux halles, place du Châtelet. Le Bazar Saint Joseph n’est jamais sorti du giron familial. “Mon fils Flavien a pris la tête du magasin en début d’année. C’est la cinquième génération”, avoue avec fierté Guy Bourgeois qui trouve toujours autant de plaisir dans son activité de détaillant. “J’aime les produits qui constituent nos collections. Mon métier est d’être au milieu des clients, des fournisseurs et des salariés qui pour certains, travaillent avec nous depuis trente ans.” À côté du Bazar Saint Joseph, une autre boutique a été créée dans les années 1960 – Le Prestige de la Table – avec un positionnement sur les listes de mariage. Situées dans le même pâté de maisons, les enseignes donnent chacune sur une rue distincte. “Les consommateurs vont de l’une à l’autre sans savoir forcément qu’ils ont changé de magasin”, précise Guy Bourgeois. Si l’attrait pour les listes de mariage a bien décliné (5 % du chiffre d’affaires), les arts de la table haut de gamme et les accessoires pour le vin constituent le coeur de métier du Prestige de la Table. Organisé autour de quatre rayons avec chacun leur T&C563personnalité propre, le Bazar Saint Joseph sert presqu’exclusivement des particuliers. Une petite vingtaine de salariés s’active dans cette boutique riche d’une gamme d’articles pour la composition de table classique, contemporaine ou tendance (vaisselle, verrerie, couverts, nappage…), et pour la préparation de plats grâce à du matériel de cuisine sous enseigne Culinarion (ustensiles, coutellerie, pâtisserie, petit électroménager…)

DE GÉNÉRATION EN GÉNÉRATION

T&C563Les bijoux, la décoration, ou encore le linge de maison complètent une offre variée et de qualité, sans oublier le récent rayon senteurs. Ici, on s’attache à mettre en avant les marques françaises comme la vaisselle Degrenne, la verrerie Cristal d’Arques, les cocottes Le Creuset, les couverts Couzon, les verres Duralex, les porcelaines Pillivuyt ou les faïences de Gien. “On défend le savoir-faire français et l’on met en avant des produits qui ont des histoires, insiste Guy Bourgeois. Nos clients sont surtout sensibles aux produits qu’on leur recommande.” En fin connaisseur, il analyse le marché : “Le petit matériel de cuisine a eu le vent en poupe depuis quelques années. Tout le monde a voulu s’y mettre, donc ça se calme un peu. Il y a de plus en plus d’acteurs et le marché de la table qui a beaucoup peiné se réveille.” Il nous livre ensuite sa perception de l’évolution du commerce et des habitudes de consommation. “La notion de repas et le rapport de la population à la table ont énormément changé. On cuisine moins au  quotidien et les repas ne se prennent plus autant en famille. Le regard sur nos produits n’est plus le même. Il y a vingt ans, un couvert ou une fourchette était intemporel. Désormais, la consommation de la cuisine et des arts de la table se rapproche de la mode.”

Voilà dix ans que le Bazar Saint Joseph a lancé avec succès une activité complémentaire, l’École de la Table. On y propose cours de cuisine et ateliers dégustation à destination du grand public. “L’École répond aux gens pour qui la cuisine et la table sont devenues des loisirs. Parmi ceux-ci, beaucoup d’hommes qui aujourd’hui cuisinent par plaisir.” Guy Bourgeois prédit : “Le métier que l’on fait aujourd’hui ne sera plus le même dans dix ans.” S’adapter, toujours. De génération en génération.

Ronan Le Flécher