Kindal, coutelier depuis 1898

Article mis en ligne par · 11 avril 2018 ·

C’est une petite boutique un peu cachée au 23 rue de Constantinople à Paris. On sonne à la porte et Caroline vient vous ouvrir avec un sourire modeste qui vous met en confiance. Ici on vous conseille, on prend du temps… Vous pouvez réfléchir à votre achat et revenir plus tard. Car l’achat d’un couteau, qu’il soit de cuisine ou de poche, c’est très personnel.

L’ouverture de la première boutique Kindal a eu lieu en 1898, par l’arrière-grand-père de Caroline, Magnus Kindal. Il s’agissait alors d’une librairie scandinave au 11 avenue de l’Opéra dans laquelle on vendait aussi quelques couteaux pour ouvrir les pages des livres… En 1904, la boutique déménage au numéro 33 de cette même avenue de l’Opéra, pour y vendre couteaux, ciseaux, rasoirs coupe-choux, instruments de chirurgie, lames de patins à glace et autres objets et outils en acier suédois… Enfin, en 2009, la boutique quitte l’avenue de l’Opéra pour la rue de Constantinople, pour laisser place à une boutique plus intime proposant de beaux couteaux et de l’artisanat !

Pour Caroline Kindal, les qualités d’un bon couteau sont avant tout une belle fabrication, un beau tranchant, une belle matière et une belle ligne… Le manche peut être de facture classique, en bois ou en corne, mais Caroline propose aussi des manches de couteau en jean pris dans la résine ou décorés d’une plume enchâssée dans le manche. Le choix est très large et peut aller jusqu’au sur-mesure.

SE FAIRE PLAISIR À TOUS LES PRIX

Son conseil pour choisir un premier couteau : se faire plaisir. “Un couteau dit-elle, c’est comme une paire de chaussures ; il doit convenir parfaitement à la personne : bonne taille, matière du manche (surtout si c’est un pliant), tenue en main… Il y a de très belles espadrilles cousues main et des chaussures italiennes ; pour un couteau c’est pareil : on peut se faire plaisir à tous les prix.” Pour l’entretien, jamais de lave-vaisselle ! Il faut essuyer la lame ; pour une tache rebelle : un peu d’eau et essuyer immédiatement.

Pour l’affûtage, cela devient plus technique : “si vous prenez soin de votre couteau, pas besoin de l’affûter” précise Caroline. Il faut une pierre avec plusieurs granulations pour le couteau de poche, un fusil pour les couteaux de cuisine, mais pas pour le couteau japonais. En bref, l’apporter chez un professionnel est le meilleur moyen de ne pas l’abîmer.

Quand on demande à Caroline comment elle choisit les couteaux référencés dans sa boutique, son regard s’éclaire. “C’est souvent une histoire d’amitié ! En effet, il y a énormément de très bons fabricants de couteaux en France, c’est une tradition française. Si la fabrication, les matières et la beauté sont des critères de choix, l’amitié dernière les lames avec certains artisans est primordiale.” Ses coups de coeur du moment : la marque japonaise Iiza, inégalable pour les couteaux de cuisine, les pliants de Tom Fleury, ceux de mon ami Manu Laplace… C’est presque avec regret que l’on quitte la boutique du 23 rue de Constantinople, on y apprend tant de choses. Mais on y reviendra, avec des couteaux de table en acier à restaurer ou pour compléter une collection.

Pierre-Georges Lenthieul

Coutellerie Kindal

23 rue de Constantinople, 75008 Paris

Tél. 01 42 61 70 78 – www.kindal.fr