Elisabeth Leriche

Article mis en ligne par · 3 mars 2018 ·

À la tête du bureau de style éponyme qu’elle a fondé il y a plus de vingt ans après

des études d’histoire de l’art et une formation de création textile, Elizabeth Leriche intègre

l’agence de Nelly Rodi, où elle développe pendant cinq ans le secteur de la maison.

Forte de ses voyages, de ses rencontres avec des créateurs, des designers et des artistes,T&C

Elizabeth Leriche s’inscrit naturellement dans l’air du temps qu’elle anticipe avec une

intuition peu commune. Elle est aujourd’hui reconnue comme faisant partie des tendanceurs

incontournables du Salon Maison et Objet et Bijhorca.

À travers ses collaborations (La Redoute Intérieurs, Roche Bobois…),

elle est parvenue à s’imposer dans le monde de la décoration ainsi que celui de la joaillerie

en scénographiant des expositions pour la maison Chaumet.

 

 

TABLE & CADEAU – D’où vous est venu votre intérêt concernant la décoration ?

ELIZABETH LERICHE – Dès l’âge de 9 ans je voulais déjà être décoratrice, mais aussi fleuriste et cuisinière. J’ai été très influencée par ma grand-mère, chez qui je passais toutes mes vacances au Maroc, pays où les odeurs, la nourriture, les couleurs et la lumière me réjouissaient.

T&C – Avez-vous été marquée par une création concernant l’art de la table durant ces derniers mois ? Avez-vous été séduite par un designer en particulier ?

EL – Oui, j’ai eu un coup de coeur pour les collections Jars1. Spécialement la collection Wabi et le travail de Pierre Casenove entre élégance et rusticité.

T&C – Que trouve-t-on sur votre table lorsque vous recevez ?

T&C

EL – D’abord, une grande nappe de lin céladon vert tilleul ou jaune moutarde avec des grandes serviettes teintes dans les mêmes camaïeux, sur laquelle je dispose des assiettes en céramique irrégulière de couleur rapportées d’Afrique du Sud, faites par des artisans. J’y associe des verres taillés de couleurs chinés aux puces. Pour le dessert, j’utilise des assiettes très classiques de Wedgwood. Et pour la touche finale, j’allume des bougies dans des galets en verre.

T&C – Quel est l’ustensile que vous utilisez le plus en cuisine ?

EL – Pour les plats d’été, j’utilise beaucoup la mandoline pour préparer des salades fraîches et colorées, et en hiver je cuisine souvent avec un faitout de terre à mettre au four pour des

viandes et légumes moelleux.

T&C – Une astuce déco pour la table ?

EL – Tout dépend des opportunités. Il est arrivé que je trouve au marché de très jolis piments de plusieurs couleurs qui ont fait office de porte-couteaux. Une autre fois, j’ai ramassé de joliesbranches d’olivier qui ont garni le centre de la table, et, pour Noël, il arrive que je peigne des branches en rouge pour imiter le corail.

T&C – Quelles sont les tendances concernant l’art de la table pour 2018 ? Y en a-t-il une, plus forte, qui domine ?

EL – Il n’y a pas une tendance forte mais de multiples courants, qui parfois sont paradoxaux. On note, par exemple, une tendance “précieuse” avec l’utilisation de l’or et de nouvelles finitions très travaillées et raffinées, mais on assiste aussi au retour du grès aux teintes naturelles, c’est l’esprit artisanal et rustique. Il existe également un courant “arty”, où l’on sollicite des artistes qui interviennent sur le support de l’assiette qui devient presque une pièce de collection. Et, enfin, à côté de tout cela, on trouve des collaborations de designers avec des marques très bon marché.

 

T&C – Le “made in France” est-il un réel argument pour les fabricants du secteur des arts de la table ?

EL – Oui, le made in France reste une valeur forte, car le consommateur apprécie le savoir-faire, la garantie de qualité, la traçabilité, et un certain art de vivre… Mais le made in France a un prix ! Aujourd’hui, le consommateur est très informé et il choisira selon ses moyens et ses envies, mais pas forcément parce que c’est fait en France.

Propos recueillis par Pierre-Georges Lenthieul